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POESIES DE JEAN PIERRE EYROLLES EVRARD

PROPHETIE

Dans les brumes d’un soir d’albâtre

Sous les ombres magnifiques

D’arbres millénaires et féériques

Tu marcheras

Comme le dernier des êtres silencieux

Que le soleil avait créé avant de partir

Tout doucement vers les montagnes

Du regard céleste et calme

 

Sur les monts embués de lumière mauve

Au plus secret de ses jardins

Fleuris de milliers de petites fleurs

Dorées par la lune d’une nuit nouvelle et douce

Tu fermeras la marche de ton ascension

Douloureuse et lente

Et tu contempleras tes yeux

Trop petits pour saisir

Ce que la vie t’avait offert

Trop fatigué pour suivre

Le parfum léger de la joie.

 

Sur les sommets les plus inaccessibles

Des cordillières du levant

Tu dormiras au plus profond

Des cristaux de neige blanc pur

Crucifié à chaque extrémité de ces étoiles

Aux branches les plus fines et les plus belles.

 

Et là, tu t’agenouilleras

Dans le plus clair respect

 

Et tu oublieras à tout jamais

Les souvenirs les plus intimes de toi-même

Vaste désert où tu te promèneras

Comme un funambule

A la limite de l’attache et de l’oubli.

 

POESIEs DE JEAN PIERRE EYROLLES EVRARD (ces textes ont été publiés et sont protégés)

LES GRANDS OISEAUX BLANCS

Les grands oiseaux blancs sont de passage cette nuit

Sur les cités du temps évanoui.

Ouvrez vos yeux de larmes perdues

Pour les contempler une dernière fois

Avant qu’ils ne disparaissent à tout jamais.

 

Sur les routes du levant mirifique et lointain

J’ai allumé des milliers de brasiers

En étoiles de cristal

Et j’ai vainement attendu.

Au fin fond des rocailles

Et des monts de neige lumineuse

Montait solitaire et miniscule

Le dernier funambule du soleil

A l’aurore des grands oiseaux blancs.

 

Les grands oiseaux blancs sont de passage cette nuit

Sur les vastes plaines

Au plus profond des secrets perdus et déchirés.

Et la parole tant attendue n’est pas venue.

Vous étiez tous crucifiés

Sur des épines de dentelles transparentes

A ruer vers un amour impossible.

 

Dans les stratifications immobiles

D’un crépuscule de lune de jade

J’ai fui encore une fois une rosée inoubliable.

 

Levée dans un arbre séculaire

Et dont les signaux éclataient

En milliers de chants monotones et anciens,

Envoûtements d’un autrefois effacé.

Et la foule s’est tue à jamais

Eclaboussée d’un dieu

Trop chimérique et inaccessibles.

Et je suis parti.

 

Les grands oiseaux blancs sont de passage cette nuit

Et chaque regard est comme une perle brisée

Par un feu trop longtemps allumé.

 

Ouvrez vos yeux de larmes perdues

Car l’aube s’immolera de leurs senteurs évanouirs

En nuages incantatoires et derniers.

 

Prophéties avortées de terres

Aux fleurs merveilleuses

Est magnifiquement fossilissée

En cœurs douloureux et éclairés d’adieu.

 

POESIES DE JEAN PIERRE EYROLLES EVRARD (ces textes ont été publiés et sont protégés)

MAIS DIS-MOI DONC

Aux mirages solitaires incandescents

Des apocalypses divines

Je suis descendu au dernier des éclaires

Que l’on avait offert.

 

Mais dis-moi donc

Toi qui connais

Le regard palpitant des solitudes profondes,

Où est le sceau que tu gravais jadis

Sur ton cœur magnifique.

 

Il est parti

Car sans cesse

Fuient les sirènes

Que tu allumes les veilles de fête.

 

Il est parti

Pour un Ailleurs

Inaccessible aux hommes

Bafoués d’attente et de sommeil.

 

Aux lenteurs moites

Des journées harassantes

Et dénuées d’éclats couleur de jade

Je suis monté vers les yeux sombres

Que m’offrait l’infini désert des nuits

 

Masi dis-moi donc

Toi au visage d’éclat et d’eau miraculée

Qui est devenu l’incendie

Que tu allumais

Aux calmes dissous de tes entrailles.

 

Il n’est plus

Car l’aurore de ses instants

Est quelque part sans cesse brisée

En mille petites alvéoles de silence.

Et l’on contemple parfois du dedans des extases bleues et éphèmères

La vie qui palpite

D’absences et de solitudes déchirées.

 

POESIES DE JEAN PIERRE EYROLLES EVRARD (ces textes ont été publiés et sont protégés)